Ils nous ont écrit :
Mardi 10 aout - Emmanuelle Litaud
depart pour PORONGO
Apres une bonne demi heure de route sur de la piste poussiereuse, le chemin debouche sur un magnifique petit village sorti de nulle part: Porongo. Les maisons sont installees autour de la place centrale qui est en fait, un terrain de football ! Nous avons tout juste le temps de visiter la mission du village, toute en bois et d une grande simplicite, que nous apercevont au loin des centaines d enfants munis de banderolles de bienvenue. Tous veinnent de la campagne environnante et certains ont meme marche plus de deux heures pour nous acceuillir. Une fois sagement installes, le concert peut commencer. Tout de suite, le succes est au rendez vous: les ecoliers tapent dans leur main au rythme de la musique,leurs institutrices se mettent a danser et tous en redemandent. Sitot la representation terminee, les habitants du village nous offrent des XXX de patatas bienvenus. Certains d entre nous decouvrent pour la premiere fois la saveur de la chicha ( boisson locale fabriquee a partir de mais). Tres vite, unmatch de football s improvise. Les equipes se forment naturellement, ce sera la Sagarnaga face aux ecoliers boliviens. Score final 4/3 pour la France (deux buts d Olivier:::). Pendant ce temps, les moins sportifs se pretent avec enthousiasme au jeu des autographes. Quelques pas de danse sont meme pratiques au son d un groupe local. Pour parfaire encore cette belle journee, une association de femmes nous invite a un grand repas dans un patio ombrage. Une attention qui scelle pour toujours le souvenir de cette visite a Porongo.
Samedi 14 aout. - Emmanuelle Litaud
QUILLACOLLO
Des le depart de Cochabamba dans la matinee, on sent que quelque chose se prepare. La circulation est dense et tout le monde se dirige vers Quillacollo, le village ou se deroule le carnaval d Urkupiña. Lorsque l on entre dans la rue ou vont defiler les danseur, on est tout de suite emporte par la frenesie ambiante. L endroit grouille de monde: certains cherchent leur place pour la journee tandis que d autres arpentent l allee pour vendre des objets plus heteroclytes les uns que les autres: chapeaux, bieres, sandwichs, masques de spider man, crecelle pour morenada,etc. Apres quelques instants d attente, les premieres notes de musique retentissent au loin. Quand deboulent les premiers danseurs, un tourbillon de couleurs, de rythmes et de danses chaloupees nous enivre. La diversite est impressionnante: pas un costume ne se ressemble, on passe des habits de Tinku avec casques a des tenues plus legeres et parees de plumes multicolores portees par de ravissantes jeunes filles. Toutes les regions et les danses sont representees. Pour la premiere fois du sejour, nous nous sentons totalement integres a la vie des boliviens. Nous faisons la fete avec eux et sommes reunis pour la meme chose. La chicha locale ( agremente de sirop de fraise et de noix de coco) vient sceller un peu plus les amities avec nos voisins. Le partage est vraiment present lorsqu une famille nous propose de monter a l etage de sa maison pour mieux contempler le spectacle. Dans l apres midi, la Sagarnaga quitte ce lieu magique: Les danseurs, eux, ne s arreteront qu au bout de la nuit…
lundi 16 août 2004 - Boris Letinturier
Cochabamba est une ville etrange pour nous européens. Coincee dans une
vallee a 2500m d'altitude, sous ces latitudes tropicales, elle est
consideree comme la ville au meilleur climat de Bolivie, loin de la moiteur
de Santa Cruz, tout en bas, loin de l'altiplano rugueux de La Paz, tout en
haut. Neanmoins, les montagnes grises qui entourent cette ville ne nous
inspirent pas la richesse et la douceur dont nous parle les boliviens. On a
donc un peu de mal à croire que cette ville abrite l'un des marchés les plus
importants du pays, celui de San Antonio. On y a donc fait un petit tour
entre deux concerts.
Y aller c'est déjà drôle. On arrête le bus où bon nous semble, on paie au
chauffeur en évitant les images de vierge accrochées au rétroviseur et
l'autoradio suspendu, on se penche de temps en temps par la porte grande
ouverte pour savoir jusqu'où l'embouteillage nous coincera, on respire
beaucoup de pétrole et supporte les klaxons ininterrompus. Puis il nous faut
sauter presque en marche pour plonger enfin dans l'atmosphère bruyante et
"parfumée" du marché.
La rue est encombrée évidemment de marchandises sur chariots ou sur vélo,
bonbons cigarettes jouets ou livres. Sur notre gauche un enfant urine en
s'exhibant sans gêne, à droite, un chien errant se faufile entre les jupes
plissées des cholas, ses petites dames avec leur jolis chapeaux et leur
tissu coloré dans le dos avec lequel elle transporte le petit dernier ou
leurs emplettes. On grille de la viande et nous propose des sandwichs. Ceci
n'est que le début, la "galerie commerciale" . On rentre ensuite dans la
partie couverte, labyrinthique, où les étals, fixes ceux-là, s'étendent
jusqu'à 3 ou 4 mètres de haut, où les "rayons" qui séparent les commerces se
faisant face ne dépassent pas 1mètre50. Facilement, on ne voit plus la
lumière du jour et on se demande ce qui décide les gens à choisir tel
commerçant plutôt qu'un autre, 50 mètre plus loin, qui vendra lui aussi les
fausses Nike, les shampoings roses, les appareils électroménager, les
feuilles de coca, les CD probablement piratés de Cumbia (ce rythme venu de
Colombie), les tissus ou les légumes. Tout ne se mélange pas. Le marché se
divise par type de marchandise évidemment. Les touristes que nous sommes se
dirigent vers les tissus ou les vêtements, avec leur couleurs et leurs
textures chaleureuses. Les musiciens que nous sommes aussi se dirigent vers
les instruments de musique boliviens. Partout il faut négocier dur. Nos
visages ont la couleur du dollar. Ce qu'on rapportera vous plaira-t-il ?
Malheureusement, on ne pourra vous transmettre ces odeurs qui retournèrent
nos estomacs ni les sourires de certaines commerçantes, ni les mains tendus
de quelques enfants, ni les bruits des voitures réparés 200 fois. Que nos
supermarchés ne s'installent pas là-bas !
mercredi 18 août 2004 - Olivier Bourdel
La majeure partie du groupe est arrivee le samedi midi
a Santa Cruz qui est la 2eme ville de Bolivie, situe a
500 m d'altitude. Cette ville est en pleine expansion
economique depuis les annees 1990 et contient
aujourd'hui plus d'un million d'habitants.
Pour certains guides touristiques, Santa Cruz est une
autre Bolivie. Effectivement, rien a avoir sur
beaucoup de plans avec les villes des hauts plateaux
andins qui nous avaient recus en 2001. En particulier,
le climat est de type tropical avec une temperature a
notre arrivee de l'ordre de 25 degres. Ce climat offre
une vegetation superbe et des animaux que nous avions
pas eu l'occasion de rencontrer a 4000 metres lors de
notre voyage precedent. En particulier, 3 toucans et 1
beau perroquet nous attendaient dans le patio de
l'hotel qui nous etait reserve. Avec entre autres le
paresseux et le colibri que nous avons eu l'occasion
ensuite de croiser sur notre chemin, ces animaux nous
changent des lamas rencontres en 2001.
Santa Cruz est aujourd'hui considere comme la
locomotive de la Bolivie. Ce developpement soudain, du
principalement a l'exploitation du petrole et du gaz
ainsi que de l'agriculture, a provoque une migration
massive des Andes vers « El Oriente », la region de
Santa Cruz. Cela a pour consequence des conflits
regionalistes opposants les natifs de la region, les
Cambas, et les migrants des hauts plateaux andins, les
koyas, qui sont en majorite des indiens. Le facies de
ces 2 grandes populations ainsi que leurs habitudes
sont effectivement bien differentes.
La musique que nous intepretons a majoritairement pour
origine la culture andine de ces koyas. La plupart des
chansons que nous interpretons ainsi que les rythmes
sur lesquels sont basees nous compositions ont
effectivement pour origine des villes des hauteurs de
la Bolivie. Nous avions donc quelques petites
inquietudes sur l'accueil que nous allions avoir a
Santa Cruz. Mais comme bien souvent, il ne se passe
jamais ce qu'on prevoit. Le premier concert que nous
avons donne le soir meme a ete extraordinaire. La
salle etait pleine et le public tres expansif. Des les
premiers morceaux les applaudissements fournis ne
pouvaient pas nous souhaiter une meilleure bienvenue
en Bolivie.
Il est toujours un peu difficile de raconter comment
s'est passe un concert, surtout quand on y a
participe. La meilleure maniere de garder une
objectivite est donc de citer les journalistes locaux.
Voici la traduction de la conclusion d'un article paru
dans la presse le lendemain du concert : « Le rideau
se ferma et une étrange sensation nous est restée. Des
étrangers ont étalé devant nos yeux et nos oreilles
combien est riche notre culture. En-dehors de tous ces
absurdes régionalismes, durant ces 2 heures, qu'est-ce
que c'était bien se sentir bolivien. ». Ce meme
journaliste parle de « l'euphorie -qui- a atteint des
niveaux inimaginables » et que « les musiciens ont
conquis le cour du public ». Notre tournee ne pouvait
pas mieux commencer et cette remarque de ce
journaliste sur le fait de que notre spectacle ait pu
rassembler le temps d'un concert tous les boliviens
quelle que soit leur provenance a evidemment beaucoup
touche Jean Vidaillac.
Un autre musicien enchante de cette premiere semaine
en Bolivie, est Gabriel Castillo, le harpiste
vénézuélien du groupe qui se sent d'ailleurs
maintenant « véné-bolivien ». Quand on lui demande ce
qu'il pense de ce pays qu'il decouvre, voici ce qu'il
nous repond : « Si dans toutes les religions du monde
on devaittrouver un paradis, c'est notre bien-aimée
Bolivie ».
Afin de decouvrir la region de Santa Cruz et avant de
partir pour Cochabamba pour d'autres concerts, nous
avons passe une journee dans un petit village du doux
nom de Porongo.
mercredi 18 août 2004 - Emmanuelle et Nicolas
Mais avant de quitter Santa Cruz, voici ce qu'a ecrit
un autre journaliste de cette ville qui nous laissera
un formidable souvenir : « Cet ensemble de petits «
gringos » a démontré non seulement une capacité
d'interprétation notable mais aussi une intégration
totale de tout ce que comporte d'ancestral et de
profond la vaste source qui alimente le folklore de
notre pays. ». La aussi, le chef de l'association ne
peut etre que tres flatte de telles paroles.